Stages dans les centres de santé de la Commune VI

Publié le par CoMALI

Depuis deux semaines déjà, nous nous rendons chaque matin dans les CSCom. Il s’agit des Centres de Santé Communautaire ; plus communément connus sous le nom de « dispensaires ». Nous y effectuons des « stages d’observation », chacune dans un CSCom différent, accompagnée par un membre de Santé Plus. L’association Santé Plus nous offre en effet la possibilité de découvrir leur système de santé.

 

Quelques remarques sur les particularités du système de santé malien à Bamako :

Pour une vue d’ensemble, imaginons ce système sous la forme d’une pyramide : à la base, les centres réalisant les premiers soins sont les CSCom ; pour des soins plus complexes, au dessus des CSCom, se trouvent les centres de références ; puis finalement, les CHU. Parallèlement, il existe de nombreuses  cliniques, privées, que nous n’évoquerons pas dans cette approche du système communautaire. Les CSCom sont des centres de soins permettant la réalisation de consultations médicales, de soins primaires (perfusions, pansements, sutures, etc.), des accouchements simples. Chacun est géré par la population locale, réunie en ASACO : Association de SAnté COmmunautaire. Chaque commune de Bamako compte de nombreux CSCom, il y en a au moins un par quartier. Par exemple, on dénombre 11 CSCom dans la commune VI où nous sommes. Il existe ensuite un centre de santé de référence par commune à Bamako. Celui-ci supervise les CSCom, reçoit les cas plus compliqués (par exemple, c’est là que s’effectue les césariennes).

 

NB : Si l’on parle des particularités du système de santé malien, on ne peut pas ne pas dire quelques mots de la médecine traditionnelle. En effet, la médecine traditionnelle, par les plantes, les remèdes, par diverses procédures… est très répandue au Mali. Un peu moins à Bamako que dans l’ensemble du pays mais tout de même. Elle est moins cher que la médecine « scientifique » et est ancrée dans les représentations, dans les forts intérieurs de chacun. Particularité : la médecine traditionnelle est légalisée. En effet, l’état malien la reconnaît, ou plutôt reconnaît à certains médecins traditionnels un statut leur donnant la légitimité d’exercer. Ceux-ci soignent ce qu’ils sont en mesure de soigner et revoient vers les centres de santé pour le reste. Cette cohabitation de deux formes de médecine est surprenante mais cohérente et fonctionnelle ici.

 


« Un stage d’observation » :

Ce que nous appelons stage n’a rien à voir avec les stages que nous effectuons au CHU à Angers. Il ne s’agit pas d’un stage validant, mais bel et bien d’une opportunité que nous offre Santé Plus. Pouvoir découvrir le système de santé malien, un système différent du notre face à des réalités différentes, est très intéressant et formateur. Cela nous permet d’apercevoir les problèmes de santé de la population, d’entrevoir les réalités sanitaires locales. Outre les conséquences personnelles, les retombées associatives sont non négligeables : rapprochement avec les membres de santé plus, meilleure compréhension ou appréhension lors de nos discussions et surtout pour l’avancées de nos projets. Un pied dans la culture malienne, avec eux, renforce la personnalité de nos projets.

Etant des stages d’observation, nous n’effectuons aucun geste médical. Cette question est toutefois épineuse. En effet, nous sommes sollicitées fréquemment, le but d’un stagiaire à Bamako étant d’apprendre, d’en faire le plus possible quelque soit l’acte. Seulement, nous n’avons pas de convention de stage, pas les connaissances nécessaires, aucun statut nous permettant d’effectuer ces actes, entre autres. A titre d’exemple, les soins les plus fréquents sont les pansements, les sutures et les accouchements… Cela même à des discussions mouvementées mais riches en argumentaires, la question centrale étant comment respecter ceux qui m’accueillent en stage tout en étant éthique ?

Un texte plus approfondis concernant cette question sera produit à la rentrée !

 

Publié dans Nos périples

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